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samedi 29 mars 2014

Mansfield Park ou les trois cousines

Auteur : Jane Austen
Titre VO : Mansfield Park
Traduction : Henri Villemain
Genre : classique, romance

Edition : Archipoche
Collection : Bibliothèque du collectionneur
Parution : 11 octobre 2013
Pages : 681 pages

Prix : 9,95 euros

Résumé
Issue d’une famille miséreuse, Fanny Price est âgée de dix ans quand elle est adoptée par son oncle maternel, Sir Thomas Bertram, qui va prendre en charge son éducation.
Accueillie dans le domaine de Mansfield Park, Fanny est élevée avec ses cousins et cousines qui, à l’exception d’Edmund, la traitent avec indifférence ou mépris.
La gratitude et l’affection qu’elle éprouve à l’égard de son cousin se transforment au fil des années en un amour qu’elle garde secret. Et quand enfin un bon parti se déclare, Fanny n’a de choix qu’entre un mariage de raison et un retour à sa condition première….

Avis
Ayant déjà lu précédemment quelques œuvres de Jane Austen, j’envisageais déjà depuis un certain temps de me lancer dans un autre de ses romans. Lorsque je suis tombée par hasard sur cette édition de Mansfield Park, je n’ai pas pu résister. L’édition attire le regard : le format est plus petit qu’un livre poche mais la bordure dorée des pages ainsi que la couverture cartonnée rouge apportent un côté luxueux, bien sûr à un prix accessible. 

Dans tous ses romans, Jane Austen se complait dans les descriptions de la bonne société de l’Angleterre du XIXème siècle, dépeignant brillamment avec réalisme et humour les usages et coutumes de l’époque. Mansfield Park ne fait pas exception à la règle. L’héroïne, Fanny Price, tout comme Elizabeth Bennet (Orgueil et Préjugés), tient un rôle d’observatrice des qualités et défauts de son entourage. Ces deux héroïnes ont ainsi de nombreux points communs : moins belles que leurs sœurs ou cousines, leurs qualités ne sont pas, au début des romans, suffisamment remarquables pour être distinguées et les élever au-dessus des autres. Fanny fait ainsi preuve de son dévouement envers sa famille adoptive en étant la confidente et la gardienne de leurs secrets tout en étant reléguée au second plan.

Comme tout livre de Jane Austen, les relations entre les personnages constituent l’élément clé du roman. Les intrigues amoureuses tiennent une place essentielle : Edmund Bertram, cousin érudit et homme de principes ayant vocation à devenir clergyman, épousera-t-il la jolie Mary Crawford, jeune femme intelligente et ambitieuse habituée à la vie superficielle et agitée de Londres ? Quant à Fanny, se résoudra-t-elle à effectuer un mariage de raison avec Henry Crawford, gentleman ayant hérité d’une grande fortune ? Les autres personnages ne sont pas en reste : les deux sœurs Bertram, volubiles et orgueilleuses, cherchent à se faire une place au sein de la société et ne reculent pour cela devant aucun scandale. Jane Austen dresse ainsi le portrait de plusieurs personnages en leur attribuant à chacun un caractère bien marqué. L’éducation des jeunes filles me semble être ici l’un des thèmes majeurs du roman, Fanny, n’ayant point reçu les mêmes attentions que ses cousines, connaît une fin plus digne qu’elles. En ce sens, Mansfield Park est un roman typique de Jane Austen.

Toutefois il se démarque des autres œuvres plus connues sur plusieurs points. Tout d’abord, le roman porte ici le nom du lieu où se déroulent l’ensemble des évènements de l’histoire : le domaine de Mansfield Park. Fanny y apparaît comme l’élément central en ce qu’elle permet le lien entre tous les protagonistes mais le titre et l’ensemble du récit suggèrent plutôt qu’il s’agit davantage d’une description de la vie à Mansfield Park que de son histoire. Ainsi, Julia et Maria Bertram, une fois parties du domaine, ne sont plus que mentionnées très rapidement à quelques reprises au cours de l’histoire. Il en va de même pour tous les personnages. Par ailleurs, il m’a été également plus difficile de m’attacher à l’héroïne. Son caractère timide, ses manières douces et silencieuses la rendent, paradoxalement, parfois difficilement appréciable. Pourquoi met-elle autant de temps à s’avouer ses sentiments envers Edmund ?!

En conclusion, même si ce livre est un peu plus complexe à la lecture qu’Orgueil et Préjugés ou encore Raison et Sentiments en raison de sa densité, il reste, selon moi, un classique du genre et un roman à la fois indémodable et incontournable.

Petite citation : « - Chère maman, croyez-vous que ma cousine n’est pas capable de reconstituer le puzzle de la carte de l’Europe ! ou ma cousine ne connaît pas les principaux fleuves de Russie ; ou bien, elle n’a jamais entendu parler de l’Asie mineure ; ou encore, elle ignore la différence entre l’aquarelle et le pastel ! Comme c’est étrange ! Avez-vous jamais entendu parler d’une telle sottise ! 
- Ma chère, répondait leur tante, toujours bien intentionnée, voilà qui est très déplorable de sa part, mais il ne faut pas s’attendre à ce que tout le monde soit aussi précoce que vous-même ou ait hérité de votre facilité d’apprentissage ».

Note : 



Challenges :


"Un livre choisi grâce à sa couverture"

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