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mercredi 28 mai 2014

Belle époque

Auteur : Elizabeth ROSS
Titre Original : Belle époque
Traduction : Madeleine Nasalik
Genre : roman

Edition : Robert Laffont
Parution : Novembre 2013

Prix : 17,90 €

Résumé

LOUEZ UN FAIRE-VALOIR, VOUS EN DEVIENDREZ D’EMBLÉE PLUS ATTIRANTE.

Paris, 1889. Maude Pichon s’enfuit à 16 ans de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage forcé et découvre Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’Exposition universelle. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi vite que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle :

ON DEMANDE
Des jeunes femmes
Pour faire un ouvrage facile.
Bienséance respectée.
Présentez-vous en personne
A l’agence Durandeau,
27, avenue de l’Opéra, Paris.

L’agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le faire-valoir. Étranglée par la misère, Maude postule…

Avis
Ayant aperçu cette jolie couverture en librairie avec en fond la Tour Eiffel et un titre mentionnant une période que j’adore (la IIIème République), je savais que j’allais acheter ce livre avant même d’avoir lu le quatrième de couverture. Je l’ai quand même lu et il avait l’air prometteur.

L’histoire est celle de Maude, une jeune provinciale aspirant à plus de liberté et à une vie plus mouvementée. Elle fuit donc son village pour se rendre à Paris. Mais elle est très rapidement rattrapée par la réalité : sans le sou et sans relations, elle risque de se retrouver à la rue. C’est cette situations désastreuse qui la pousse à accepter un emploi des plus atypiques : celui de faire-valoir pour des femmes riches souhaitant être mise en valeur grâce à des personnes laides !

L’histoire de ce livre est des plus originales. Ici, il n’est point question de jolies jeunes femmes dont les atouts les aident à sortir du lot. Bien au contraire, l’héroïne se caractérise par son physique quelconque que certains vont même jusqu’à juger ingrat, bien qu’elle s’en sorte mieux que ses collègues de travail qualifiées à plusieurs reprises de monstres. En cela, j’ai trouvé le livre intéressant puisque pour une fois, ce sont les défauts des personnages qui sont mis en avant. Au fur et à mesure de l’histoire, certains de ces défauts vont apparaître comme des qualités.

J’ai eu quelques difficultés à rentrer dans l’histoire. C’est seulement au bout des 100 premières pages que le récit est devenu intéressant pour moi. En effet, la mise en place de l’histoire, des lieux et des personnages m’a parue assez longue, ce qui n’a pas été facilité par le caractère de Maude, que j’ai trouvé trop hésitant. Maude arrive la tête pleine de rêves à Paris mais va faire face à la dure réalité du quotidien. Si elle ne se laisse pas abattre, pour autant, elle n’en cesse pas moins de se lamenter et d’hésiter en permanence, ce qui m’a agacée.
Pour les personnages secondaires, quelques-uns sortaient quand même du lot (mention spéciale à la duchesse Dubern !). Je regrette que les personnages de Paul et d'Isabelle n’aient pas été plus développés, cela aurait pu donner plus de dynamique à l’histoire.

Ce roman est plus qu’une simple histoire de jeune fille aspirant à un avenir meilleur dans une société en plein développement. Elizabeth Ross, en s’inspirant d’une nouvelle de Zola, Les Repoussoirs, nous incite à nous interroger sur la société et ce que nous en faisons. Sur la couverture, il est écrit « A Paris, tout se vend ». Le commerce de la beauté existant déjà, serait-ce vraiment étonnant qu’une agence faisant commerce de la laideur existe aujourd’hui ? L’auteure nous invite à nous méfier des apparences. Ainsi, dans Belle époque, des personnages physiquement parfaits se révèlent, pour beaucoup d’entre eux, pourris de l’intérieur tandis que ceux à l’apparence disgracieuse apparaissent comme plus humains.

Eloge de la beauté, Belle époque nous invite à modifier notre regard sur ce qui nous entoure. Comme Maude et Paul, tous deux sensibles à l’art, nous sommes invités à regarder différemment autour de nous et à ne pas nous contenter des apparences. Cependant, ce livre reste avant tout un roman jeunesse racontant une jolie petite histoire mais qui a le mérite de nous pousser à nous accepter tels que nous sommes. Nos défauts n’en sont pas forcément aux yeux de tous.


Extrait 
« Le choc que l’on peut éprouver en voyant une pièce remplie de femmes laides s’émousse avec le temps. On finit par voir au-delà des apparences, des défauts et des difformités, pour faire connaissance avec l’âme et la personnalité de chacune. La laideur physique peut s’effacer grâce à la conversation, l’humour, l’esprit, et même la grâce. Mais lorsqu’une cliente choisit son repoussoir, tout cela est relégué à l’arrière-plan. Une fille débordante d’humour et de vitalité peut se métamorphoser en moins d’une seconde sous le regard d’une cliente (cette métamorphose, je l’ai vue de mes yeux). Elle se fige, son regard s’éteint et elle rentre en elle-même. Ne reste plus qu’une coquille vide, une apparence disgracieuse, une silhouette mal tournée. Heureusement le naturel revient au galop dès que ses bourreaux quittent la pièce ; entre-temps, rien ne peut l’atteindre.

2 commentaires :

  1. Belle critique les filles !
    Je vais penser à le lire !

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  2. Il est dans ma wish-list, je pense qu'il pourrait me plaire :D

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