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mardi 17 juin 2014

Les Liaisons Dangereuses

Auteur : Pierre Choderlos de Laclos
Genre : roman épistolaire

Edition : Gallimard
Collection : Folio classique
Parution : 30 novembre 2006
Pages : 512 pages

Prix : 5 euros
Achat : Decitre - Les Liaisons Dangereuses

Résumé

J'espère qu'on me comptera pour quelque chose l'aventure de la petite Volanges, dont vous paraissez faire si peu de cas : comme si ce n'était rien, que d'enlever, en une soirée, une jeune fille à son Amant aimé, d'en user ensuite tant qu'on le veut et absolument comme de son bien, et sans plus d'embarras ; d'en obtenir ce qu'on n'ose pas exiger de toutes les filles dont c'est le métier ; et cela, sans la déranger en rien de son tendre amour... En sorte qu'après ma fantaisie passées, je la remettrai entre les bras de son Amant, pour ainsi dire, sans qu'elle se soit aperçue de rien.

Avis

J'ai lu pour la première fois ce roman quand j'étais au lycée. Depuis, j'ai eu l'occasion de m'y replonger à plusieurs reprises car il est devenu l'un de mes romans préférés. 
Nous suivons ici les aventures de deux personnages, le Vicomte de Valmont et Madame de Merteuil, deux libertins en rivalité permanente. L'auteur a fait le pari de la forme épistolaire. Le récit avance donc par les échanges de lettres entre ces deux personnages mais pas seulement. Car qui dit libertins, dit conquêtes. Et ces conquêtes vont apparaître davantage comme des victimes que comme des amants pleinement épanouis. 

En effet, Madame de Merteuil apparaît comme une femme passionnée, désireuse de se venger de l'un de ses anciens amants tout en ayant réussi à garder les apparences. Elle demande alors au Vicomte de Valmont, libertin notoire connu pour ses frasques, de séduire la jeune et ingénue Cécile de Volanges, tout droit sortie de son couvent pour épouser ce fameux ancien amant. Mais face au peu d'empressement de Valmont, Merteuil va mettre en oeuvre tous les stratagèmes possibles pour la pousser dans les bras de son professeur de musique, le chevalier Danceny. 

De son côté, le Valmont vise un projet plus ambitieux : séduire la présidente de Tourvel, une jeune femme mariée, réputée pour sa vertu. Epris de la marquise, celle-ci le met en effet au défi de séduire Madame de Tourvel. S'il réussit, Merteuil cessera de se refuser à lui. Mais sa tâche sera d'autant plus ardue que sa réputation ne joue pas en sa faveur, Madame de Volanges ayant écrit à son amie pour la prévenir de s'en méfier. Pour se venger, il décide donc de séduire Cécile. 
Le vicomte va finalement se laisser prendre au jeu de l'amour et tomber éperdument amoureux de la présidente, provocant alors la rage de Madame de Merteuil. D'allié et ancien amant, le vicomte devient à ses yeux un homme agaçant, aveuglé par ses sentiments. 

La forme épistolaire sert très bien le récit en nous permettant de découvrir les pensées et émotions de chacun des personnages. La fourberie, la méchanceté et l'égoïsme des deux libertins sont d'autant plus visibles face à l'innocence et la pureté des autres personnages. Leurs actions auront des conséquences dramatiques. Au fur et à mesure du récit, le vicomte et la marquise vont prendre des chemins différents : le premier cherchant la rédemption, l'autre s'enfonçant dans sa vengeance. Mais le vicomte peut-il vraiment trouver le salut ? Et la passion de la marquise trouvera-t-elle une limite ? La raison n'a guère sa place ici, tout n'est qu'histoire de sentiments et de passion. Or, celle-ci semble dangereuse et même destructrice. 

Au-delà d'une simple histoire d'amour, Les liaisons dangereuses nous montre la condition difficile des femmes de l'époque. Si le vicomte peut afficher ouvertement ses conquêtes, il n'en va pas de même pour la marquise, qui doit mener la vie qu'elle souhaite sous de fausses apparences. Il n'était pas bon d'être libertine au XVIIIème siècle et Madame de Merteuil va en éprouver du ressentiment à l'encontre de Valmont. Laclos nous pousse donc à nous interroger sur la condition des femmes à une époque où seule la réputation importait.

Laclos nous livre dans une écriture sublime une histoire d'amours passionnées. Le réalisme et la profondeur de ses personnages réussissent même à nous faire douter qu'il s'agit d'une simple fiction tellement ça en est troublant. Je pourrais parler pendant des heures encore de ce livre tellement il regorge de détails. Si la forme épistolaire peut en rebuter certains (de même que sa longueur), personnellement, l'histoire était tellement prenante et les personnages tellement impitoyables que je me suis laissée emportée.

A tous ceux et celles qui aiment les histoires d'amour où vengeances et manipulations sont les maîtres-mots, n'hésitez pas !

Extraits

"L'humanité n'est parfaite dans aucun genre, pas plus dans le mal que dans le bien. Le scélérat a ses vertus, comme l'honnête homme a ses faiblesses. Cette vérité me paraît d'autant plus nécessaire à croire, que c'est d'elle que dérive la nécessité de l'indulgence pour les méchants comme pour les bons ; et qu'elle préserve ceux-ci de l'orgueil, et sauve les autres du découragement".

"Ah ! croyez-moi, Vicomte, quand une femme frappe dans le coeur d'une autre, elle manque rarement de trouver l'endroit sensible, et la blessure est incurable".

"On s'ennuie de tout, mon ange, c'est une loi de la nature ; ce n'est pas ma faute".

Note
9/10

2 commentaires :

  1. Un très beau roman dont la forme m'a également conquise : j'adore les romans épistolaires !

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    1. Bizarrement pour moi c'est l'inverse. J'ai toujours un peu de mal à accrocher aux romans épistolaires pourtant celui-ci m'a conquise !!!

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