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mardi 19 août 2014

Frangine

Auteur : Marion Brunet
Genre : Young Adult

Edition : La Sarbacane
Collection : Exprim’
Publication : 2 mars 2013
Pages : 262 pages

Prix : 14,90€

Résumé
« Pour moi – Joachim –, les choses se passaient plutôt bien : 17 ans, une dernière année au lycée avant le bac, des potes, et une copine (canon). Mais pour ma sœur Pauline, la rentrée en seconde s’est déroulée… douloureusement. Faut dire qu’avec deux mères et pas de père, un peu de naïveté et quelques maladresses, les emmerdes ont de quoi être tentées. Ah, j’oubliais : pendant ce temps, Maline, notre deuxième mère, se prenait la tête à cause de son boulot qui l’épuisait, ce qui foutait Maman en colère, parfois. Dans ma famille, c’est pas l’amour qui manque, c’est sûr, mais pendant la période que je vais raconter, on a eu chacun nos épreuves – et quatre façons différentes de les affronter. »

Avis de Marie
Merci aux éditions La Sarbacane pour cette découverte ! Frangine est un livre touchant qui aborde un sujet faisant l’objet de nombreux débats en France : les familles homoparentales. Sans aucun voyeurisme et avec beaucoup d’émotion, Marion Brunet met en scène l'une de ces familles.
Joachim et Pauline vont faire leur rentrée au lycée, l’un en terminale, l’autre en seconde. Si les choses se passaient plutôt bien jusqu’ici pour Joachim, Pauline, elle, va vivre une descente aux enfers. Pourquoi ? Prétentieuse, arrogante, superficielle et insupportable ? Non, elle n’est rien de tout cela. La raison alors ? Parce qu’elle possède deux mamans : Julie et Maline. Est-ce un mal ? Non, pourtant certains le pensent et ne vont pas hésiter à faire de cette première année au lycée un calvaire pour la jeune fille. Comment y mettre fin ? Le soutien de sa famille va être déterminant pour l’aider à passer cette épreuve.

Une fois la lecture du roman commencée, je n’ai pas pu m’arrêter avant la fin. L’histoire est racontée par Joachim, le grand frère. Mais cela ne fait pas pour autant de lui le personnage principal. Si on se réfère au titre, on pourrait croire qu’il s’agit de Pauline. Mais c’est beaucoup plus subtil. Il n’y a pas vraiment de personnage principal. Frangine est avant tout l’histoire d’une famille. Comme toutes les familles, celle-ci doit faire face aux difficultés du quotidien. Mais s’y ajoute le regard souvent critique des gens. En effet, il n’est pas facile d’être un couple homosexuel et encore moins d’avoir des enfants. Sous prétexte de leur homosexualité, ces parents sont vus comme incapables d’élever des enfants. Aux yeux de certains, cela constitue même un crime ! Préjugés, insultes et rejet, c’est à cela que doivent faire face nos personnages mais pas seulement : soutien, amour et amitié sont aussi de mise.

En se concentrant essentiellement sur le ressenti de Joachim et Pauline, l’auteur aborde le thème de l’homosexualité de manière subtile et originale. Ici, la question n’est pas « est-ce que des parents homosexuels sont capables d’élever des enfants ? » mais plutôt « qu’est-ce que cela fait d’avoir deux mères ou deux pères ? ». Même s’il s’agit d’une fiction, le roman n’en est pas moins assez réaliste. Nous suivons donc l’évolution des deux adolescents durant le premier semestre de l’année scolaire. Le récit est ponctué de souvenirs ayant marqué l’enfance de Joachim et qui permettent de mieux comprendre tous ces personnages. Le dernier qui conclut le livre m’a d’ailleurs beaucoup touchée (en fait, comme tous les autres, mais celui-là encore plus).
Marion Brunet nous dépeint avec talent le portrait de cette famille pas comme les autres en mettant sans cesse en balance les différents univers :
  • Le lycée/la maison ;
  • Joachim et Pauline/ Julie et Maline ;
  • Julie/Maline ;
  • Joachim/Pauline.
Nos quatre personnages forment une famille unie et heureuse. Ce n’est pas parce que leurs parents sont homosexuels que les enfants sont malheureux. Au contraire, Julie et Maline se sont attachées à leur offrir tout l’amour et le bonheur dont ils ont besoin et même plus. Mais voilà, le monde extérieur peut se révéler cruel. Et Pauline va très rapidement découvrir « qu’on n’est pas chez les Bisounours ». Face à l’incompréhension générale des autres élèves et aux insultes, Pauline se retrouve encore plus désemparée et isolée lorsque s’y ajoutent les menaces physiques. Souhaitant régler la situation par elle-même, Pauline se renferme, refusant d’en parler à ses parents ou encore à son frère dont elle est pourtant si proche. Joachim n’abandonne pas pour autant et jouera malgré tout son rôle de grand frère protecteur. En apprenant ce qu’il se passe, lui aussi se sent dépassé par les évènements. Alors quand il voit par hasard sa sœur recroquevillée par terre dans sa chambre en train de pleurer, il recule. Cette scène m’a vraiment marquée tellement elle est poignante. Pauline pleure, crie, exprime sa douleur... en silence. Et c’est ce qui fait la force de cette scène : personne ne peut l’entendre, pourtant cette souffrance est visible. Si Joachim décide d’ouvrir les yeux, il n’en va pas de même pour tout le monde, surtout au lycée. Ainsi, ceux qui se disaient amis avec l’adolescente lui tournent du jour au lendemain le dos, par peur d’être jugés eux aussi. D’autres préfèrent s’aveugler, tels certains professeurs qui, sachant les persécutions qu’elle subit, refusent d’intervenir. Il ne s’agit pas d’une volonté de nuire de leur part mais l’aveuglement dont ils font preuve peut se révéler aussi dévastateur que la violence.

Que l’on soit sensible ou pas au thème abordé, Frangine ne laissera personne indifférent. Plein d’émotions et de douceur, ce roman est un coup de cœur. Malheureusement, je n’ai pas le talent de Marion Brunet pour vous faire partager toutes les émotions ressenties lors de ma lecture. Alors, le plus simple est que vous vous lanciez vous aussi dans la lecture de Frangine, vous ne le regretterez pas, promis !

Extrait
« Il faut que je vous dise...
Raconter ma sœur ne suffit pas.
 Me raconter non plus. 
J’aimerais annoncer que je suis le héros de cette histoire, mais ce serait faux.

Je ne suis qu’un morceau du gâteau, même pas la cerise.
Je suis un bout du tout, un quart de ma famille. Laquelle est mon nid, mon univers depuis l’enfance, et mes racines, même coupées.
Je ne suis pas le héros de cette histoire – parce que nous sommes quatre.
Étroitement mêlés, même quand on l’ignore, même quand on s’ignore.
J’imagine que c’est pareil pour tout le monde : que c’est ça, une famille. »

Note
8,5/10

12 commentaires :

  1. Tu me donne envie de découvrir ce livre :)

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    1. Merci :D En tout cas, je te le conseille, il est super !

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  2. Réponses
    1. N'hésite pas, tu ne le regretteras pas ^^

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  3. Voilà un avis qui donne envie!! Ca fait un moment que je l'avais repéré, donc pourquoi pas :)

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    1. Merci, j'avais peur que la longueur effraie un peu tout le monde ! ^^'

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  4. J'avais beaucoup aimé aussi, c'est un livre très touchant :)

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  5. J'ai passé un très bon moment avec ce roman :)

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