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mardi 16 septembre 2014

Le Papalagui

Auteur : Erich Scheurmann
Traduction : Dominique Roudière
Genre : Essai

Edition : Pocket
Publication : Mai 2008
Pages : 154 pages

Prix : 5,80 euros

Résumé
Touiavii, le chef de la Tribu de Tiavéa, a observé de près cet être étrange qu'est le Papalagui et en dresse un portrait plus éclairé que ne pourrait le faire un ethnologue :
- le Papalagui étouffe son corps avec des peaux lourdes et serrées qui le privent de soleil ;
- le Papalagui vit dans des coffres de pierre empilés, séparés par des fentes bruyantes et grises ;
- le Papalagui est obsédé par le métal rond et le papier lourd qui régissent toute sa vie ;
- le Papalagui a inventé un objet qui compte le temps ; depuis il court sans cesse derrière.
Le Papalagui a développé bien d'autres maladies et comportements absurdes. Alors le sage Touiavii, qui vit dans les îles Samoa, aimerait bien que son peuple ne devienne pas comme le Papalagui, ce curieux homme blanc qui vit en Europe.

Avis de Marie
Il est étonnant comme un aussi petit livre peut laisser une aussi grande impression ! Lu il y a quelques années, la lecture du Papalagui m’a laissée songeuse. Eric Scheurmann, écrivain du début du XXème siècle, a recueilli dans cet ouvrage les propos de Touiavii, chef de tribu polynésien sur l’homme blanc.

Le terme « Papalagui » signifie littéralement « pourfendeur du ciel » et sert à désigner le Blanc (en cause, les voiliers par lesquels les hommes blancs sont arrivés à Samoa, les aborigènes prenant alors les voiles blanches pour des trous dans le ciel).
Touiavii rêvait de voir l’Europe. Alors il est parti en voyage. Et porte un regard critique sur la civilisation occidentale. Ses propos ne nous étaient pas destinés. Ils s’adressaient à ses compatriotes polynésiens. Mais Eric Scheurmann les a recueillis pour nous et même s’ils sont restés dans l’ombre pendant longtemps, ils n’ont pas pris une ride et sont toujours aussi pertinents.

Ce petit livre se lit très facilement, les propos du chef de tribu prêtant souvent à rire. En effet, Touiavii nous livre une critique du mode de vie de l’homme blanc mais avec beaucoup d’humour. Destinés à mettre en garde les peuples aborigènes contre le continent européen, ses propos peuvent également se révéler un véritable trésor pour nous, Européens éclairés et aveuglés par notre propre civilisation. Pour apprécier Le Papalagui, il faut donc être prêt à admettre que notre société n’est pas parfaite et affronter cette vision qui ne la met guère en valeur. Cela ne veut pas dire que nous sommes obligés d’adhérer aux propos tenus. Pour autant, on ne peut s’empêcher de s’interroger tout le long de cette lecture car, avec simplicité et modestie, Touiavii pointe les nombreux paradoxes de la culture occidentale et le danger qu’elle représente pour les cultures minoritaires. Tout y passe : le côté matérialiste, l’attachement à l’argent, la course contre le temps, la religion… Autant de points qui sont toujours sujets à débat aujourd’hui !
Certes, il existe un très grand fossé entre les différentes cultures abordées. Pourtant, on ne peut rester impassible face à de tels propos. Comment ne pas se remettre un minimum en question quand, dès le début du XXème siècle, un chef de tribu polynésien pointait déjà avec beaucoup de lucidité et de pertinence certains des travers et paradoxes de la civilisation occidentale ?

Eric Scheurmann nous offre avec Le Papalagui un témoignage sans concession de notre civilisation occidentale à l’aube du XXème siècle toujours d’actualité. Simple et efficace, c’est un livre qui ne fait pas de mal et qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie !

Extraits
« Soyons dans la joie à la vue de la vierge belle de corps qui montre ses membres à la lumière du soleil et de la lune. Le Blanc est idiot, aveugle, il n’a pas le sens de la vraie joie, lui qui doit tellement s’envelopper pour ne pas avoir honte. »

« Toutes les merveilles du Papalagui ont une imperfection cachée, elles ont toujours besoin de leur gardien et de leur conducteur. Et chacune renferme une malédiction secrète. »


Note

4/5

2 commentaires :

  1. Je ne connaissais pas du tout mais ton avis me plait assez bien, je note :D

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    Réponses
    1. Super, c'est une lecture qui sort de l'ordinaire mais qui laisse un souvenir assez marquant !

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