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dimanche 14 septembre 2014

Pétronille

Auteur : Amélie Nothomb
Genre : Roman, Autobiographie

Edition : Albin Michel
Parution : Août 2014
Pages : 169 pages

Prix : 16,50 euros

Résumé
« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Avis
Je tiens avant tout à remercier les éditions Albin Michel pour cet envoi car Pétronille est mon premier Amélie Nothomb : voilà qui se fête quand même !!! Et que dire de cette incursion dans l’univers de notre célèbre voisine belge ? Déjà, que le quatrième de couverture, d’ailleurs bien mystérieux, aurait peut-être dû préciser que « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Car trois personnages se démarquent ici : Amélie Nothomb, bien évidemment, la jeune Pétronille Fanto (vraisemblablement inspirée de Stéphanie Hochet) mais aussi le champagne. En effet, le ton est donné dès les premières pages où la narratrice recherche un compagnon (ou un convignon comme elle le dit si bien elle-même), pour partager avec elle les plaisirs et la grâce que lui procurent ces divines petites bulles. Au cours d’une dédicace, elle rencontre la turbulente Pétronille, une jeune femme au caractère haut en couleur, qui va dès lors faire office de « convigne » et d’amie.

L’intrigue de Pétronille se déroule sur plusieurs années. De leur rencontre à leur séparation (plutôt brutale il faut l’avouer), nous suivons donc l’amitié hautement improbable qui se noue entre Pétronille et la narratrice au détour d’une dédicace, à des salons littéraires, en vacances à la montagne, chez leurs parents… mais toujours autour d’une bonne bouteille de champagne. Oui, ce livre est une vraie publicité ambulante pour les grandes maisons de champagne !
Et c’est bien ce nectar qui semble les attirer l’une vers l’autre car même si toutes les deux sont écrivains, leurs points communs s’arrêtent là. Tout semble plutôt conspirer à les éloigner : milieu social, idées politiques, personnalités… Mais si Pétronille est aussi brute que le champagne qu’elles boivent, la narratrice n’est pas en reste question excentricité. 

Je dois avouer que certains passages m’ont beaucoup fait penser à des albums de Martine dans lesquels Amélie Nothomb tiendrait la vedette : Amélie à Londres, Amélie à la neige, Amélie fait du tourisme… Mais bizarrement ces anecdotes tantôt drôles et tantôt attendrissantes ne sont pas ennuyeuses. Au contraire !! Les petites réflexions de la narratrice et ses échanges avec Pétronille m’ont fait sourire plus d’une fois. En effet, les caractères de ces deux femmes sont diamétralement opposés et donnent souvent lieu à des dialogues assez savoureux. J'ai A-D-O-R-É l’interview de Vivienne Westwood, passage humiliant d’une incroyable cruauté mais au combien hilarant !  

Si Amélie Nothomb écrit à un moment que Pétronille a « une vraie maîtrise de l’écriture et de la narration », on peut également dire que c’est son cas. Son style est fluide et percutant. Sans fioritures et pourtant imagé, son écriture alterne entre simplicité et mots savants d’une manière parfois déconcertante et pas toujours évidente à suivre. 
Mais j’ai parfois eu l’impression de tourner en rond et de me perdre dans les méandres de l’esprit d’Amélie Nothomb, ce qui devient vite lassant car les deux sujets de prédilection de l’auteure sont elle-même et le champagne. Le roman est également très court et les dernières pages m’ont laissée sur ma faim, la chute finale m’ayant un peu déçue même si elle m’a surprise. 

Déconcertante et souvent amusante, la plume d’Amélie Nothomb a été l’occasion d’une lecture pour le moins intrigante sur l’amitié, même si je ne pense pas devenir une fan de ses livres. La faute à une intrigue plutôt plate et qui tourne trop en rond à mon goût. 

Extraits
« L’erreur serait de croire que le physique compterait seulement en amour. Pour la majorité des gens, à laquelle j’appartiens, le physique compte en amitié et même pour les relations les plus élémentaires. »

« La France est ce pays magique où le plus commun des troquets peut vous servir n’importe quand un champagne à température idéal. »

« - Madame Westwood, n’avez-vous jamais songé à écrire ?
Au comble du mépris, elle gloussa : 
- Ecrire ! Ne soyez pas vulgaire, je vous prie. Il n’y a pas plus commun qu’écrire. Aujourd’hui, le moindre footballeur écrit. Non, je n’écris pas. Je laisse cela aux autres. »

Note

3/5

2 commentaires :

  1. Je n'ai lu que Barbe Bleue de cette auteure mais il ne m'avait vraiment pas plu...

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    1. Je n'ai pas lu ce livre mais il faudrait vraiment que je lise d'autres oeuvres de cette auteure pour me faire un avis plus global et plus tranché.

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