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dimanche 5 octobre 2014

Anti-Glace

Auteur : Stephen Baxter
Titre VO : Anti-Ice
Traduction : Pierre-Paul Durastanti
Genre : Steampunk

Edition : Le Bélial
Publication : Juin 2014
Pages : 270 pages

Prix : 22 euros

Résumé
L’anti-glace est une matière au potentiel hautement énergétique. Inerte à basse température, elle atteint son rendement optimal sous l’effet de la chaleur. Depuis sa découverte par une expédition anglaise dans les neiges du pôle Sud, elle a donné à la Couronne britannique le leadership mondial en cette seconde moitié du XIXème siècle. Un leadership qui ne fait qu’exacerber les tensions entre le Royaume-Uni, la France et la Prusse…
Jeune diplomate en mal d’aventures, Ned Vicars est à Ostende dans le but de contempler l’avènement d’une de ces merveilles scientifiques qu’autorise l’anti-glace. Mais il se retrouve bientôt bloqué, lui et une poignée d’autres infortunés, à bord du Phaeton, engin prodigieux qui quitte l’atmosphère terrestre en direction de la Lune. L’équipée fantastique commence…

Avis de Marie
Le premier homme à marcher sur la Lune n’était pas Neil Armstrong en 1969 mais Ned Vicars, jeune diplomate anglais en 1870 ! Voilà ce qu’on peut apprendre à la lecture d’Anti-Glace. Ce livre a été reçu dans le cadre de La Voix des Indés, une opération littéraire ayant pour but de mettre en avant certaines maisons d’édition qui passent souvent inaperçues lors de la rentrée littéraire. Merci donc à Libfly pour m’avoir permis de participer à cette opération et aux éditions Le Bélial pour l’envoi de ce livre !
Ce roman à la tonalité très steampunk nous propose une réécriture intéressante de l’histoire du XIXème siècle. Suite à la découverte d’une nouvelle matière au potentiel hautement énergétique, l’anti-glace, le Royaume-Uni a pu étendre sa domination jusque dans les moindres confins du monde, exacerbant les tensions entre les deux autres grandes puissances que sont la France et la Prusse. Ned Vicars, un diplomate anglais, va malgré lui se trouver embarqué au milieu de ce conflit qui va le mener bien au-delà de la Terre. 

Pour commencer, il faudrait que je m’attarde un petit peu sur le livre en lui-même. Les éditions Le Bélial proposent de beaux ouvrages : la qualité du papier est très bonne, il est épais et très agréable au toucher. D’ailleurs, au premier abord, je pensais l’ouvrage plus volumineux. Du coup, il se lit assez rapidement.
Vient ensuite l’histoire. Le style d’écriture de Stephen Baxter est ici très soutenu, ce qui ne m’a absolument pas dérangée, bien au contraire. En effet, le récit est écrit à la première personne du singulier : c’est Ned Vicars lui-même qui nous fait profiter de ses aventures. Par conséquent, le style apparaît en conformité avec le personnage et l’époque, c’est-à-dire l’Europe de la fin du XIXème siècle. Reprenant l’histoire telle que nous la connaissons, l’auteur l’a modifiée pour y intégrer la découverte de l’anti-glace (comparable à l’énergie nucléaire) et ses conséquences sur les rapports politiques et commerciaux entre les grandes puissances. Nous avons ainsi l’occasion de croiser plusieurs grandes figures de l’époque tels Bismarck, Mac Mahon ou encore Gladstone.

Le prologue est très prenant et donne envie dès les premières pages d’en découvrir plus. Mais j’ai un peu été déçue par la suite… L’intrigue est un peu longue à se mettre en place. Il y a de nombreuses descriptions, toutes très précises, qui permettent de bien se plonger dans l’ambiance et d’imaginer tout ce qui entoure notre héros. Cependant, si elles ne desservent en rien le récit, il y a trop peu d’actions. Or, arrivée à la moitié du livre, je commençais à m’en lasser, d’autant plus que les nombreuses explications scientifiques devenaient de plus en plus lourdes. L’auteur nous montre surtout qu’il a de très bonnes connaissances historiques et développe bien tous les enjeux politiques et économiques liés à l’anti-glace. Mais il néglige grandement l’aventure en elle-même ainsi que le développement de chacun des personnages. Ceux-ci sont peu nombreux. Ned Vicars, le héros, est un jeune homme volontaire qui ne se laisse pas abattre facilement. Embarqué dans cette folle aventure spatiale, sa présence permettra à ses compagnons de ne pas perdre espoir. Josiah Traveller est le cliché même du scientifique : égocentrique, il est totalement passionné par son travail. Blasé du monde duquel il est issu, il n’accorde quasiment aucune importance à son entourage. Holden est un journaliste bedonnant qui, bien que sympathique, n’en possède pas moins des idées bien arrêtées avec un patriotisme frôlant l’extrémisme. Enfin, Pocket est quant à lui l’image même du parfait valet : loyal et attentionné envers son maître scientifique, il est également transparent… Tous ces personnages sont influencés par les différents courants de pensée de l’époque. Bien qu’il ne soit pas réellement nécessaire de connaître dans les moindres détails les évènements et les courants de pensées de cette fin de siècle, je pense que pour pouvoir réellement saisir les différents enjeux de cette histoire, leur connaissance peut s’avérer utile.
En dépit de ces quelques points négatifs, j’ai continué ma lecture assez facilement parce que l’histoire était assez intéressante. Même si j’attendais davantage de merveilleux et d’explorations (le livre se voulant un hommage à l’œuvre de Jules Verne, en particulier De la Terre à la Lune), le fait qu’il soit très bien écrit m’a permis de me laisser emporter facilement.

Au final, Anti-Glace m’a un peu déçue. A la lecture du résumé, je m’attendais vraiment à un grand roman d’aventures aux nombreux rebondissements et découvertes. Or, ce n’était pas vraiment le cas. Malgré cela, c’est un roman agréable à lire, en particulier, grâce à la très belle plume de l’auteur. 

Extrait
« Vous autres, Britanniques, vous parlez et agissez comme si l’anti-glace était une conséquence surnaturelle de votre supériorité raciale. Ce n’est pas le cas. Vous êtes entré en sa possession du fait d’un accident historique, voilà tout, mais vous utilisez cette supériorité transitoire pour imposer vos mœurs, vos politiques et même vos modes de pensée au reste de l’humanité. »

Note
3/5

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