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mardi 14 octobre 2014

L'Éducation de Stony Mayhall

Auteur : Daryl Gregory
Titre VO : Raising Stony Mayhall
Traduction : Laurent Philibert-Caillat
Genre : Fantastique

Édition : Le Bélial 
Publication : Août 2014
Pages : 431 pages

Prix : 23 euros

Résumé
Stony a trois sœurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l’aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler… Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu’il est. Il n’a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d’autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage…

Avis de Marie
Après les vampires, ce sont les zombies qui veulent nous faire passer un message de tolérance. Non, ils ne sont pas les méchants auxquels on pense ! Et mince à la fin… A bas les préjugés et les stéréotypes !
Reçu dans le cadre de La Voix des Indés, une opération littéraire ayant pour but de mettre en avant certaines maisons d’édition qui passent souvent inaperçues lors de la rentrée littéraire, L’Éducation de Stony Mayhall est une bonne découverte ! Merci donc à Libfly pour m’avoir permis de participer à cette opération et aux éditions Le Bélial pour l’envoi de ce livre !
Dans ce roman, Daryl Gregory nous livre sa propre vision des zombies. Apparus en 1968 suite à une épidémie aux Etats-Unis, les zombies ont constitué une menace vite éliminée. Alors quand Wanda trouve par hasard le cadavre d’une jeune femme et de son nouveau-né au bord de la route, elle ne peut se résoudre à abandonner le petit être. Bien que toute vie se soit éteinte en lui, elle décide malgré tout de le ramener chez elle pour lui offrir une tombe décente. Son instinct de mère prenant le pas, elle tente pourtant de le réanimer. Quelle n’est pas sa surprise lorsque le bébé ouvre les yeux ! Elle comprend tout de suite le danger qu’il représente. Mais ce n’est qu’un enfant innocent et Wanda ne peut se résoudre à le livrer aux autorités. Avec ses filles Alice, Chelsea et Junie, elle décide de le cacher au reste du monde. Et voilà que la famille Mayhall vient de s’agrandir d’un nouveau membre : frère John surnommé Stony (stone signfie pierre en anglais, à vous de faire le lien ^^) ! 
Bien entendu, tout ne va pas bien se passer pour notre petit mort-vivant dans ce monde où les zombies ne sont pas les bienvenus…


N’étant pas une adepte du genre, je me suis plongée avec beaucoup de difficultés dans l’histoire. On ne peut pourtant pas dire que l’écriture soit en cause, bien au contraire. Daryl Gregory a une jolie plume, toute en fluidité et avec de bonnes touches d’humour noir. En fait, c’était vraiment une question de genre et il m’a fallu mettre de côté tous mes préjugés. Or, cela était d’autant plus difficile qu’au début du livre, j’étais vraiment perdue et j’ai même pensé à abandonner. Heureusement que je ne l’ai pas fait, l’histoire devenant prenante au bout d’une centaine de pages. Au final, sans être un coup de cœur, c’était une bonne lecture

J’ai trouvé la façon dont sont abordés les zombies plutôt originale. L’auteur ne s’attarde pas sur les causes de leur apparition. On sait seulement qu’un virus transforme les morts en morts-vivants ou non-morts ou autrevivants ou… Le débat fait encore rage au sein des différentes factions. Par souci de neutralité (et de morsure), je ne prendrais donc pas position. Daryl Gregory préfère se concentrer sur un personnage en particulier : Stony Mayhall. Là aussi, il entretient le mystère. Comment un bébé zombie peut-il grandir ? That is the question !! Ce livre comporte d’ailleurs beaucoup trop de questions qui restent sans réponse à mon goût.

Les adeptes de romans apocalyptiques seront-ils ravis ? Je serais presque tentée de répondre par la négative car l’image des zombies prend un sacré coup. Certes, on retrouve les classiques zombies dévoreurs de chair humaine qui vont mener l’humanité à sa perte mais cet état là n’est que temporaire. En effet, une fois mordus, nos chers petits amis meurent (étape obligée et pas toujours agréable) et se réveillent affamés. Mais cette fièvre ne dure pas plus de 48h. Passé ce délai, la créature qui vous courrait après en claudiquant et en émettant toutes sortes de sons gutturaux pour faire passer sa petite faim redevient cette adorable petite vieille dame qui vous proposait il n’y a pas encore si longtemps de prendre un thé avec elle. Il vous suffit juste d’être patient (et de trouver une bonne cachette pour survivre !). Personnellement, le côté civilisé des zombies ne m’a pas dérangée plus que ça. Surtout que l’auteur nous livre un panel de personnages assez intéressant ! 

Dès les premières pages, je me suis attachée à Stony, ce petit bébé glacé à la peau couleur ciment (comme c’est mignon… ou pas !). Le livre porte bien son nom car nous allons suivre Stony durant une longue partie de sa vie (de la fin des années soixante à 2011) et voir comment il évolue, ou fait son éducation, en tant que mort-vivant. Nous le suivons ainsi de sa plus tendre enfance à l’âge adulte. Si son enfance est remplie de bons souvenirs en compagnie de ses sœurs et de son ami Kwang (une flèche plantée en plein cœur, des points de suture sur l’épaule suite à une poursuite entre copains, un caillou envoyé en pleine cuisse par la tondeuse à gazon…), le passage à l’âge adulte sera beaucoup moins plaisant. Ne pouvant rester indéfiniment cachée, l’existence de John va finir par être découverte suite à un tragique accident, l’obligeant à fuir loin de sa famille. Il va alors se retrouver au cœur de complots qui le dépassent mais dans lesquels il jouera un rôle essentiel. 
Pour ce qui est des autres personnages, ils sont nombreux mais Alice, Chelsea, Ruby ou encore M. Blunt (ce Pinocchio à l’humour si particulier) sont ceux que j’ai préférés. Chacun d’eux va militer pour la cause zombie car le gouvernement américain a une position très claire à leur sujet : il faut les éliminer. Or, ne sont-ils pas des êtres humains (un peu spéciaux, certes) à part entière ? A ce titre, n’ont-ils pas le droit de vivre ? En fuyant, Stony va découvrir que, au sein même de l’organisation zombie, il existe différentes factions dont les positions varient des plus pacifistes aux plus extrêmes. Quel rôle peut-il bien jouer ? Car Stony est unique, ne l’oublions pas. Jusqu’ici, personne n’avait vu de mort-vivant grandir. Qu’est-ce que cet état implique ?

Grâce à une bonne dose d’humour noir et à de multiples interpellations du lecteur, Daryl Gregory a réussi à faire de L’Éducation de Stony Mayhall un roman prenant rempli d’action que j’ai apprécié de découvrir. Bien que n’étant toujours pas une adepte de ce genre de romans, j’ai été très surprise de voir à quel point, une fois complètement plongée dedans, j’ai eu du mal à le lâcher avant de l’avoir terminé ! C’est une lecture que je ne peux que vous recommander, surtout qu’Halloween arrive bientôt !

Extraits
« Stony mit la douille de neuf-seize en place et lui glissa la clef dans la main. ‘‘D’après moi, si je suis déjà mort, alors mon âme est déjà partie au paradis, ou en enfer, ou là elle est censée aller. Il ne reste rien à sauver.’’
M. Cho grogna, mais c’était sans doute parce qu’un boulon lui résistait.
‘‘D’un autre côté, ajouta Stony, peut-être que mon âme n’est jamais partie comme elle aurait dû le faire. On l’a empêchée d’aller dans l’au-delà. Alors, ça ne sert à rien de la sauver, parce qu’elle obéit à des règles différentes. Je suis au purgatoire.
-       Tais-toi, dit M. Cho. Répare tondeuse à gazon.’’ »
-        
« Ruby ramena le bras en arrière, ôta la sécurité d’un coup de pouce, puis enfonça le canon de l’arme dans la mâchoire de la femme. Elle tira, et le visage de la morte… 
Vous savez très bien ce qui arriva au visage de la morte… »

Note
4/5

3 commentaires :

  1. Cc
    Tu me donnes envie de le lire. Moi qui fais des cauchemars affreux de zombies, peut-être que ça me calmerait ^^
    Je le note sur ma wish-list. :)

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    1. Merci :D
      Je l'ai pas mis dans la chronique mais il y a quelques scènes assez gores (deux ou trois pas plus), j'espère qu'elles ne te dérangeront pas ^^'

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  2. je l'ai trouvé sympa, sans que ce soit un coup de coeur

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