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vendredi 31 octobre 2014

Ma vie dans les services secrets - 1943-1945

Auteur : Noreen Riols
Titre Original : The secret ministry of Ag. & Fish - My life in Churchill’s school for spies
Traduction : Robert Pépin
Genre : Autobiographie, Histoire

Edition : Calmann-Lévy
Parution : Septembre 2014
Pages : 356 pages

Prix : 19,50 euros

Résumé
Lorsque la France s’effondre en 1940, Winston Churchill aide de Gaulle à passer à Londres et fonde le SOE, ou Special Operations Executive. Buts de cette armée secrète: infliger le maximum de pertes aux Allemands, créer des réseaux de résistance et informer Londres des mouvements de l’ennemi. Pour cela, il faut former des agents bilingues capables de sauter en parachute, de tuer par tous les moyens, d’envoyer des informations par radio, de faire sauter des ponts… Et tout cela dans le plus grand secret. 
Noreen Riols sort à peine de l’adolescence lorsqu’elle se voit contrainte de travailler dans une usine de munitions ou de rejoindre la Royal Navy. Mais puisqu’elle parle couramment français, quelqu’un l’expédie dans un bâtiment de Baker Street où règne une activité aussi folle qu’entourée de mystère. Sans le savoir, Noreen Riols vient d’atterrir au QG du SOE. Recrutée à la section F (comme France), elle va travailler deux ans durant sous les ordres du colonel Buckmaster et débriefer des agents revenus de France, servir d’appât, déchiffrer des codes, faire passer des messages… Soixante-dix ans plus tard, seule survivante de la section F avec Bob Maloubier, Noreen se souvient de ce que furent ces années et nous dit les êtres d’un courage exceptionnel qui aidèrent tant la France à retrouver la liberté. Tour à tour aimables, plaisants, humoristiques et terrifiants, ces souvenirs sont l’oeuvre d’une femme aussi exceptionnelle qu’extraordinairement modeste.

Avis de Manon
Le récit de Noreen Riols est de ceux qui marquent durablement et qui vous font réfléchir même lorsque la dernière page a été tournée depuis longtemps. Je tiens donc à remercier Babelio et les éditions Calman-Levy pour m’avoir fait parvenir un tel ouvrage. 

Jeune fille insouciante et romantique, Noreen Riols va se retrouver à travailler, par le plus grand des hasards, pour le SOE (Special Operations Executive) autrement dit pour une branche des services secrets anglais créée par Churchill au début de la Seconde Guerre Mondiale. 
Aujourd’hui et alors que ses archives sont devenues publiques, on ne retrouve aucune trace de la SOE dans les programmes d’histoire du collège et du lycée. Pourtant, on sait maintenant que cette organisation a joué un rôle majeur mais souvent mal connu durant la Seconde Guerre Mondiale et notamment dans la Résistance française.

En nous racontant son quotidien au sein de la section F du SOE, l’histoire de Noreen Riols s’efface souvent au profit de celle d’autres agents, d’autres membres du SOE et de la section F.  L’auteur nous livre alors un témoignage bouleversant sur le destin hors du commun et les sacrifices consentis par des hommes et des femmes qui souvent ne sont jamais rentrés auprès de leur famille. 
Ses mémoires nous décrivent dans les moindres détails l’organisation et le fonctionnement du SOE ou encore la manière dont s’organisait la Résistance française. Ici, des figures emblématiques de la Résistance comme Jean Moulin côtoient d’autres agents dont les manuels d’histoire n’ont pas retenu le nom mais qui ont joué un rôle tout aussi important pour la fin de la guerre et la libération de la France. 
Ce récit, ponctué d’une multitude d’anecdotes drôles mais aussi tragiques, nous parle du quotidien de ces agents, de leur éprouvant entraînement avant d’être parachuté en France, de leurs missions sur le terrain, tantôt rocambolesques tantôt dramatiques.
Donner son avis sur un tel livre n’est pas une chose évidente. Retranscrire toutes les émotions qu’il suscite en quelques phrases peut sembler relever de la plaisanterie. En tout cas, une chose est sûre, après une telle lecture, les petites tracasseries du quotidien semblent bien futiles et mesquines ! 
Sans jamais tomber dans le pathos et avec beaucoup de sensibilité et de finesse (et également une bonne dose de second degré), les mémoires de Noreen Riols rendent un très bel hommage à tous ces agents du SOE qui ont contribué à libérer la France et qui ont souvent perdu la vie au cours d’une mission.

Hommage à des individus au courage exceptionnel, Ma vie dans les services secrets est une vraie leçon d’histoire accessible à tous mais aussi et surtout une belle leçon de courage et d’humanité. 

Extraits
« Les recrues du SOE étaient l’élite, le haut du panier de tous les pays qu’elles représentaient. Elles devenaient, de fait, des commandos solitaires, souvent à fuir avec la Gestapo aux trousses. Elles savaient, et d’entrée de jeu, qu’elles n’avaient que cinquante pour cent de chances d’en réchapper. Jusqu’à la dernière minute avant leur départ, on leur répétait qu’elles étaient libres de renoncer, personne ne leur vouant moins d’estime pour autant. Je ne sais pas combien, si même il en fut, changèrent d’idée, mais je n’ai personnellement jamais entendu parler de quelqu’un qui l’aurait fait. »

« Les agents potentiels étaient parfaitement conscients de tout cela avant de partir. Ils étaient avertis. Et ils avaient peur. Les hommes courageux ont toujours peur, sinon ils ont tendance à faire des sottises et à prendre des risques inutiles qui, non seulement les mettent en danger eux, mais aussi d’autres personnes. Le courage n’est pas l’absence de peur : c’est être prêt à faire ce dont on a peur. Et tous le faisaient - tous partaient quand même exécuter leurs missions. Ils avaient peur - bien sûr qu’ils avaient peur ! Mais cette peur, ils l’affrontaient. Et partaient. »


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