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lundi 9 mars 2015

Dans le bleu de ses silences

Auteur : Marie Celentin
Genres : Drame, Histoire

Edition : Luce Wilquin
Parution : Février 2015
Pages :  884 pages

Prix : 27 euros

Résumé
Nous sommes au IIIe siècle avant notre ère, au début de l’Égypte des Ptolémées. Cinquante ans plus tôt, Alexandre le Grand est mort prématurément, léguant un monde nouveau à ses compagnons d’armes et aux milliers d’aventuriers qui l’ont suivi dans sa flamboyante conquête de l’Orient.
L’histoire d’Alexandrie ne fait que commencer. Pour tous ceux qui y vivent, elle est déjà une légende.
Comme nous aujourd’hui, Bérénice, fille du roi Ptolémée Philadelphe, Titus le Romain, Ptolémée lui-même, Zénon, Nathanyah, Diounout et tous les autres sont alourdis par le poids des traditions et des souvenirs qui leur ont été transmis, modelés par leur temps et leur histoire familiale. Ils sont en quête de bonheur et parfois capables, au détour d’une rencontre, à la faveur d’une coïncidence, de sublimer leur destinée et de conquérir leur liberté.
Un premier roman construit comme une tragédie grecque.

Avis de Manon
Dans le bleu de ses silences est un roman long et exigeant mais au contenu passionnant. Je remercie donc Babelio et les éditions Luce Wilquin de m’avoir fait parvenir ce surprenant ouvrage. 

Pour son premier roman, Marie Celentin nous plonge au coeur de l’Egypte antique et de la toute jeune Alexandrie, sur lesquelles règnent les Ptolémées depuis l’éclatement de l’Empire d’Alexandre le Grand. 
Entre faits historiques et inventions, plusieurs histoires défilent sous nos yeux comme celles de Titus le mercenaire romain, de Nathanyah le jeune esclave ou encore de Bérénice la princesse lagide pour ne citer que ceux qui m’ont le plus touché. La grande et la petite Histoire vont alors se rejoindre pour affecter leur destin et celui de beaucoup d’autres personnes, illustres personnages ou obscurs inconnus qui vont se croiser au fur et à mesure des pages. 

L’auteur nous entraîne sans aucune difficulté au temps des Ptolémées. J’ai été totalement dépaysée et transportée. J’ai trouvé la première partie un peu longue et certaines tournures de phrases sont un peu trop lourdes. Mais la suite a largement compensé les premières pages car  intrigues politiques et complots semblent rythmer la vie des Ptolémées et de leurs sujets. J’ai d’ailleurs particulièrement aimé le petit débat philosophique sur la liberté qui oppose certains de nos protagonistes au cours d’un repas. Si seulement mes cours de philosophie avaient été aussi vivants ! En effet, il n’est pas rare de croiser les noms de Platon, d’Aristote ou même d’Homère au fil des pages mais dans un style très vivant. 

Le quatrième de couverture mentionne un roman construit comme une tragédie grecque et je trouve la comparaison très pertinente. Aucun des personnages ne semble pouvoir échapper à sa destinée pour ne pas dire, parfois, à la fatalité. La fin du livre est d’ailleurs particulièrement émouvante et m’a bouleversée. Et jusqu’au bout j’ai espéré une fin différente pour bon nombre d’entre eux. 
Marie Celentin ne semble pas juger ses personnages et leurs actions. Pourtant, j’ai d’emblée détesté certains d’entre eux comme Laodice alors que j’en ai immédiatement apprécié d’autres comme Démétrios ou Diounout dont j’ai admiré les choix et le courage face à des événements sur lesquels ils n’avaient aucune prise. 

Dans le bleu de ses silences est très volumineux, presque 900 pages au format poche. J’ai donc mis un certain temps pour le lire mais cela ne veut pas dire que se lecture ne m’a pas passionnée, au contraire. L’Antiquité est une période qui m’a toujours intéressé et heureusement car je crois que sans ça, j’aurais été un peu perdue devant tous les détails historiques donnés par l’auteur, surtout que beaucoup de personnages historiques portent le même nom et que cela relève parfois du casse-tête comme le fait remarquer l’auteur elle-même dans sa postface. 
Pour ceux qui ne situeraient pas les Ptolémées, ils ont gouverné l’Egypte environ 300 ans, et Cléopâtre est la dernière et la plus célèbre d’entre eux !

Pour conclure, Dans le bleu de ses silences est un livre riche et prenant qui n’a rien à envier aux tragédies grecques : la philosophie, l’Histoire et l’émotion s’y disputent la part belle. 

Extraits
« Voluptueusement éployée sur les vagues turquoises, Alexandrie semblait naître de l’écume de la mer. A cette distance, ce qui frappait d’emblée était sa blancheur aveuglante, dont le ciel lui-même paraissait tirer sa lumière. Au-dessus d’elle, le vent du large s’amusait à modeler de vastes nuages irisés, oblongs et opulents, qui, par intermittence, reproduisaient l’étendue et la forme de la cité, comme si une main divine avait voulu offrir aux astres de nouvelles Alexandries, répliques éthérées de l’autre. Tel un axe de symétrie coupant la ville en deux, la tour de l’île de Pharos, à l’avant-plan, se devinait de loin, doigt surnaturel pointé en direction des Dieux, de l’avenir et d’un inconcevable absolu. »

« Aujourd’hui, je crois avoir compris ce qui fait la grandeur de l’homme : quels que soient nos talents, nos errances, la profondeur ou la douleur de nos souvenirs, la grandeur est ce moment précieux où nous acceptons d’être suffisamment ouverts au monde pour accueillir l’improbable et sublimer notre destin. »

Note
4/5

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